Ed Wood – ou l’initiateur du So Bad It’s Good

Le So Bad It’s Good est.. peut-on appeler ça un sous-genre ? Ce serait un sous-genre de tous les genres de films, même s’il s’applique particulièrement bien au genre horrifique et à la science-fiction. En tout cas c’est un genre de film qui fait la magie du cinéma, lorsqu’on se met à apprécier une oeuvre tout simplement parce qu’elle est vraiment mauvaise. Et ça fait du bien ! Pour moi, c’est Ed Wood qui a le premier réalisé ce genre de film, même si à l’époque ce n’était pas du tout reconnu !

Ed Wood

Ed Wood (Edward Davis Wood) était un réalisateur et scénariste des années 50. Il a été élu à titre posthume « pire réalisateur de l’histoire » par les Golden Turkey Awards et… c’est pas pour rien.

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(vous ne lui trouvez pas un air de Jean Dujardin ?)

Eddy avait la conviction qu’il était fait pour réaliser des films, et sa grande passion c’était les films d’horreur (d’époque, donc des histoires de crimes mystérieux et de gens qui se comportent bizarrement) et des films de science-fiction. Mais notre pauvre ami n’a jamais trouvé de financements suffisants ou de producteurs qui croyaient assez en lui pour lui permettre de réaliser ses films décemment. Pourtant, c’était pas faute d’avoir une équipe motivée – il a même fait jouer Béla Lugosi, le Vincent Price de l’époque, dans son film Plan 9 From Outer Space (et d’ailleurs ça vaudra le coup de détailler cette apparition un peu plus tard, vous m’y ferez penser).
Mais rien ne pouvait altérer la motivation plus qu’extrême de notre Woody et il a quand même réalisé 8 films avec ses petits moyens !

Le cas Plan 9 From Outer Space

Le plus connu d’entre eux est sûrement Plan 9 From Outer Space, dont je vous parlais juste avant. Attention, le pitch reflète la folie douce d’Ed Wood : un vaisseau spatial atterrit sur terre avec à son bord des Extraterrestres-Zombies avec des looks de Vampires (et pour cause, c’est Vampira – si vous regardez les Simpson elle vous rappellera sûrement quelque chose – puis Béla Lugosi en magnifique costume de Dracula qui s’y collent) et viennent terroriser la terre (enfin, les États-Unis).

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(Graoouuuu !)

Tout y est : la soucoupe volante en carton suspendue par un fil, une même scène dont les différents plans sont filmés une fois de jour, une fois de nuit (jour – nuit – jour – nuit), les acteurs à la manque mais surtout… Béla Lugosi est mort pendant le tournage du film (il avait quelques soucis d’alcool et en plus il était très vieux, ça aide pas), mais comme il était un peu la « caution » du film (le seul acteur connu), il n’était pas question de prendre un autre acteur et de retourner ses scènes. Ed Wood a donc eu la magnifique idée d’employer un médecin dont le front et les yeux ressemblaient beaucoup à ceux de Lugosi (oui on s’enfonce un peu dans le délire là) et de lui faire tourner les scènes manquantes en tenant la cape de Dracula devant le bas de son visage !
« OUI ALLEZ C’EST PARTI SOYONS FOUS personne ne verra la différence », a certainement pensé Eddy. Sauf que voilà, la différence on la voit. Carrément même. Enfin voyons, notre ami Zombie-Dracula contaminé par les Aliens avance les bras tendus devant lui, puis tout d’un coup il se cache de sa cape et n’a plus vraiment la même tête… Tu m’étonnes que personne n’ait pris cet homme au sérieux.

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(Le Staff)

So Bad It’s Good

Mais les rêves du réalisateur sont quand même devenus réalité – après sa mort malheureusement – puisque son Golden Turkey Award du pire réalisateur, reçu dans les années 80, a relancé la curiosité du public envers son travail. C’est donc avec délectation que j’ai regardé Plan 9 From Outer Space et Glen or Glenda, puisque j’adore les films à petit budget et à scénario pourri. Et honnêtement, j’ai adoré. Ed Wood se classe clairement en tant que précurseur du So Bad It’s Good, les films tellement nuls qu’ils en deviennent géniaux. On est déjà tous tombés devant un scénario hallucinant combiné à des réactions tout à fait exagérées et illogiques de la part des personnages (souvent dans les films d’horreur petit budget d’ailleurs), qui nous ont tellement fait marrer qu’ils sont restés parmi nos films préférés. Dans le genre j’ai envie de citer Horribilis, que j’ai découvert sur RTL9 (évidemment, c’est une mine d’or du So Bad It’s Good cette chaîne, et je lui dois beaucoup). C’est l’histoire d’extraterrestres qui viennent sur terre et prennent possession des gens via des sortes de pénis-limaces rampantes, en gros. Délectable.

Par la suite, quelques films ont surfé sur la tendance pour pouvoir se faire des sous sans se ruiner en scénariste ou dialoguiste. Et puis il y a aussi eu Starship Troopers, qui a l’apparence d’un So Bad It’s Good mais qui a été pensé justement pour en avoir l’air, c’est du second degré tout au long du film. Ça n’empêche pas qu’il est excellent et que le recommande chaudement !

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(Ambiance)

Donc merci Eddy, le premier So Bad It’s Good à mes yeux date de 1953 (Glen or Glenda) et tu auras illuminé mes journées avec ton enthousiasme à toute épreuve ! Respect pour un homme qui ne s’est jamais découragé et qui a fait ce qui lui plaisait malgré les critiques et les découragements ! Et même la mort de son acteur principal en plein milieu d’un tournage !

Ed Wood, le film

Ed Wood a été le sujet d’un film éponyme par Tim Burton. Il y est joué par l’excellent Johnny Depp (il y a aussi Sarah Jessica Parker et le sublime Bill Murray) et honnêtement, ce film est une réussite. Tim Burton a réussi à recréer exactement l’ambiance d’un film d’Ed Wood, l’univers qui traînait dans sa tête (mais je crois que Tim Burton est un peu dans le même délire, ça aide) et les personnages sont identiques à ceux des films des années 50, bravo.
Je ne peux que conseiller de regarder ce film et d’enchaîner sur les Ed Wood, c’est un délice.

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(Ed Wood – Johnny Depp – et Béla Lugosi – Mardin Landau – en plein visionnage de Dracula)

Du coup ce nanar des fifties (je parle de Plan 9) a éveillé ma curiosité et j’ai eu envie de voir un vrai bon film de sci-fi de l’époque : je me suis regardé The Day The Earth Stood Still de Michael Rennie (un extraterrestre beau-gosse qui débarque sur Terre pour annoncer qu’il faut cesser la violence ou mourir, sympa) et c’est vrai que ça n’a rien à voir. Même si les costumes m’ont fait mourir de rire (non mais sérieux, ce robot est censé être en acier inattaquable), le scénario et la réalisation sont de bien meilleure qualité.

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(Il s’appelle Gorth, et l’Extraterrestre s’appelle Klatu. Normal.)

Allez, après ce petit saut dans le temps je vais revenir à mes 80’s favorties. A plus !

Jolly S.

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