Scream 2 – Screamception / edit

J’avais déjà vu Scream, il y a très longtemps. J’ai vu Scream 3, mais je n’avais jamais vu le deuxième épisode de la saga. J’avais vu les Scary Movies, mais bon. Et je suis tombée amoureuse de Scream 2, sorti en 1997.

Attention, cette revue contient pas mal de spoilers, si vous n’avez pas vu le film et que vous comptez le voir un jour, revenez plus tard !

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Wes Craven, petite canaille

Alors oui, il ne faut pas s’attendre à de la folie furieuse, c’est tout de même du Wes Craven, mais du Wes Craven comme on l’aime. Un peu difficile à suivre quelques fois dans ses nombreuses références à d’autres réalisateurs – et à lui-même. Surtout à lui-même en fait. Mais c’est ça que j’ai adoré dans le film.

Si on peut dire que Scream est un hommage au réalisateur – nombreuses références à Freddy, les griffes de la nuit notamment – Scream 2 est clairement un hommage au premier épisode (vous me suivez ?).

L’histoire est somme toute assez banale de la part de Wes Craven, si on connaît un peu sa filmographie. Mais on peut dire qu’à l’époque, c’était une innovation. Autant il est classique qu’une suite commence avec un jeune pas très malin qui raconte l’histoire de ce qui s’est passé quelques années auparavant, autant là on varie un peu. C’est pas plus mal.
C’est donc l’histoire de Sidney Prescott, victime des tueurs dans le premier épisode, qui a (un peu) grandi et qui est maintenant à la fac.
Le film Stab vient de sortir au cinéma, qui reprend l’histoire de son calvaire à Woodsboro. Le rôle de Sidney est d’ailleurs confié à Tori Spelling, et on se rappelle que dans Scream, elle dit clairement qu’avoir son rôle joué par Tori était sa hantise. Premiers clins d’oeil déjà, et la base du film. J’ajouterai que Stab a l’air d’être un sacré navet : serait-ce une confession de la part du réalisateur ?

Scream 2 - Sequels
(Par la suite, le cinéma se rendra compte que c’est dangereux de donner comme ça des masques de tueurs à des jeunes en plein crise d’identité)

Dans le premier Scream on parlait déjà beaucoup des « codes » du film d’horreur et de la façon de s’en sortir vivant. On pense au personnage de Randy qui survit car il a la « chance » d’être vierge. D’ailleurs, dans Scream les tueurs s’étaient déjà inspirés de Slashers connus pour orchestrer leur petit massacre. Dans le 2 donc, on a affaire à des imitateurs du massacre de Woodsboro.
On retrouve ici quelques personnages clés : Sidney bien sûr, mais aussi le fameux Randy, la journaliste Gale Weathers et le flic Dewey.

De l’importance des personnages

Beaucoup de Slashers reprennent un shéma classique pour les personnages principaux (le groupe de jeunes qui va se faire attaquer). Il y a généralement la blonde bimbo, l’athlète, l’intello, le drogué et la gentille fille vierge. Si vous voulez en savoir plus, allez vite regarder La Cabane dans les bois, qui explique très bien le concept.

Wes Craven nous surprend ici car, après tout ce qu’on vient de dire, on pourrait penser que lui aussi va utiliser ces codes. Mais il n’en est rien, et déjà dans le premier opus on quittait ce cercle classique (composé de Sidney, son mec Bill, son abruti de pote Stu et la blonde Tatum, soeur de Dewey) pour aller flâner un peu du côté des personnages de Gale et Dewey. Et puis, Sidney Prescott est loin d’être une abrutie et enfin, un voit une nana réagir correctement face au danger. Parce que bon, on n’est plus dans les années 70, si le tueur est à 10 mètres de vous il est encore temps de courir. Sérieusement.

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(Dewey – David Arquette, Randy – Jamie Kennedy, Joey – Duane Martin – et Gale – Courtney Cox)

Dans Scream 2, le trio revient, et on a même le droit de rencontrer Cotton Weary, qui était accusé à tort du meurtre de Maureen Prescott, la mère de Sidney, dans Scream. Que fait-il là, à part essayer de se racheter une image, on ne sait pas trop. Il endosse le rôle du « mec chelou, ce serait pas lui le tueur par hasard ? » qu’avaient Bill puis Dewey dans le premier opus.

Gale Weathers, elle, prend une place plus importante dans ce sequel et ça m’a beaucoup plu : nouveau style, nouvelle coupe de cheveux, on dirait une deuxième Sidney. Et d’ailleurs ce jeu de miroirs est utilisé pas mal de fois dans le film, notamment sur les scènes de fin. Double tueur, double victime. La différence entre les deux, c’est que Sidney est poursuivie par une sorte de malédiction alors que Gale cherche clairement à se mettre dans la merde.
Son personnage s’humanise pas mal tout au long du film, elle réalise qu’elle aussi a des choses à perdre, et se fait même prendre à son propre jeu à se faire interviewer par des journalistes chiants toute la journée. Là encore, on note un parallèle avec le quotidien de Sidney dans l’épisode 1.

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(Un jeu de miroir qui se développe tout au long du film)

Ah oui, et je voulais m’attarder aussi sur le personnage de Dewey, joué par David Arquette. Le tour de force de Wes Craven, c’est de l’avoir rendu sexy (malgré son handicap dû à son poignardage dans le 1), et c’était pas gagné ! Dans Scream il était un peu dégueu quand même. Hé oui, au bout d’un moment on ne tient plus et on veut du sexy time entre Dewey et Gale, merde ! Dans cet épisode il laisse son rôle de « mec chelou, ce serait pas lui le tueur par hasard ? » à Cotton.

Une anthologie des films d’horreur

Donc en gros on a le film – Stab – dans le film, et Gale Weathers qui nous rejoue Scream. C’est déjà pas mal ! Rappelons aussi que les tueurs rejouent le film, avec des blacks en plus au début.

On a également le personnage de Randy qui joue un rôle assez intéressant et dans la même lignée qu’au premier épisode : c’est lui qui nous rappelle qu’on est bien dans un film d’horreur. D’ailleurs si on avait raisonné plus tôt de cette façon, on aurait déjà pu trouver qui était le coupable… Il suffit de connaître ses classiques.
Randy suit un cours d’histoire du cinéma, dans lequel leur prof les interroge sur les effets qu’un film d’horreur peut avoir sur les gens. S’ensuit un débat sur le fait que les sequels sont généralement plus nuls que les films originaux (un petit défi perso, Wes ? Moi je la trouve réussie cette suite).

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(En pleine recherche du meurtrier. Les deux personnages – Dewey et Randy – sont conscients d’être les principaux suspects)

Le tout sur fond de « les films d’horreur c’et pas pour les blacks, en plus ils meurent toujours en premier »… Cette fois non plus on ne déroge pas à la règle. Ah non, le caméraman survit, mais lui, il s’est enfui car il savait ce qui l’attendait. Encore une fois, dans un film de Craven, si on connaît les codes on survit. Dommage que Randy n’ait pas cru à son propre scénario. Ce qui est intéressant chez Wes Craven c’est que dès qu’un personnage parle d’un truc, celui-ci se produit. De quoi vous foutre les jetons pour le reste de votre vie.

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(Les premières victimes. Comment ça, on s’en doutait ?)

Quid des tueurs ?

En ce qui concerne le dénouement, Wes Craven nous rejoue Vendredi 13, avec comme cerveau de l’opération la mère de Bill Loomis, l’un des tueurs dans Scream (c’était le petit ami de Sidney, décidément cette jeune femme a beaucoup de mal à se trouver des fréquentations convenables).
D’ailleurs elle a un peu le look de Pamela Voorhees, les cheveux courts et l’air sévère. C’est elle qui a cassé les pieds de Gale en l’interviewant constamment. Une façon de savoir si elle avait des indices ?
Ce tueur-là est plutôt old school, vantant un motif bien plus classique que celui de son fils – reproduire un film d’horreur – qu’elle qualifie de très 90’s : elle, elle cherche uniquement à venger la mort de son fils ! Attendez, ça ne vous rappelle pas quelqu’un ? Suivez, un peu ! Un dernier clin d’oeil au film de Cunningham, qui date de 1980.

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(Du calme, la vieille)

Vous l’aurez compris, ce qui est cool chez Wes Craven, c’est de s’amuser à repérer toutes les petites références à d’autres films d’horreur. C’est un grand fan du genre qui aime à mettre en scène ses propres héros (un peu comme les tueurs dans les Scream, non ?). Craven aime beaucoup jouer sur le côté « real life » de ses scénarios, comme si, une fois sorti de la salle de cinéma, tout danger n’était pas écarté. Dans Freddy 7 (New Nightmare, 1994), il avait avoué que les Freddy sont un exutoire qui empêche le vrai croque-mitaine de se manifester dans la vraie vie. Il fallait donc tourner un dernier Freddy pour pouvoir enfin le tuer… Pour de vrai, et pas au cinéma.

Scream 3 : petite déception

J’actualise un peu cet article après avoir re-regardé Scream 3 (la dernière fois je devais être au collège).
J’ai été un peu déçue par cet opus, même si on retrouve tout au long du film cette trame qui nous explique le principe même du sous-genre slasher, on sent bien l’absence de Kevin Williamson, scénariste des deux premiers épisodes.

On retrouve encore et toujours nos trois protagonistes : Sidney, Gale et Dewey. Malheureusement on peut constater que les personnages du flic et de la journaliste sont beaucoup plus plats et lisses que dans Scream 1 et 2.

La dualité de Gale est encore une fois utilisée. Cette fois-ci elle est en compétition avec l’actrice qui joue son rôle dans Stab 3 (Jennifer). Jennifer sort avec Dewey, l’ex de Gale et elle est toujours en train de l’aviser de la façon dont elle aurait joué son personnage dans la situation où ils sont. On peut alors s’imaginer que les deux premiers Scream sont en réalité Stab et Stab 2, ce qui expliquerait pourquoi on tourne Stab 3/pourquoi Stab 2 a été éclipsé. La Gale que nous avons connue serait en réalité le personnage joué par Jennifer. Mais le film n’explore pas assez cette ambiguité et l’effet tombe à l’eau. On ne voit aucune évolution de personnage lorsque Jennifer est tuée.

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(Jennifer Jolie, l’actrice, et la « vraie » Gale Weathers)

Le rôle de Dewey est lui aussi brouillon. Oublié le flic un peu bébête du premier opus, oublié aussi son côté rebelle dans le 2. Dans Scream 3 il est malheureusement plutôt fade, et c’est vraiment dommage car c’est un personnage que je trouvais très intéressant, attachant et on avait toujours l’impression qu’il jouait un double jeu.

Beaucoup de fake scares – c’est chiant -, un personnage black (Tyson) qui essaie tant bien que mal de faire écho à Scream 2, des rôles secondaires pas très utiles… Bof bof. En plus on sent que le film tente de s’orienter du côté plus « policier » du thriller, en faisant intervenir l’inspecteur Kincaid (le tout jeune Patrick Dempsey) alors que dans les autres films c’était plutôt Gale, en sa qualité de journaliste, qui faisait avancer l’intrigue. Là encore le scénario ne va pas jusqu’au bout du projet qui s’essoufle avant la fin du film.

Bon tout n’est pas à jeter loin de là, l’intervention post-mortem de Randy via son testament vidéo était une excellente idée. Il y expose cette fois les règles d’une trilogie – et on verra qu’elles seront suivies à la lettre. Voilà un personnage qui ne perd pas de son charme (en même temps il apparaît 5 min à l’écran donc c’est un peu facile).

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(Le tournage de Stab 3)

Comme j’en parlais plus haut, dans cet opus l’histoire se déroule sur le tournage de Stab 3 – et non Stab 2 ! Comme si Stab 3 et Scream 3 n’étaient qu’un seul et même film (euh… ouis c’est le cas en fait) qui s’écrit au fur et à mesure. D’ailleurs la scène où le tueur faxe le scénario à ses victimes, en leur indiquant qui va mourir, est une belle métaphore. Et aussi un gros gros indice pour remonter jusqu’au coupable !
La scène ou Sarah (la blonde, évidemment) se cache dans la salle des costumes est elle aussi excellente, on ne sait plus distinguer le vrai du faux, ni à qui se fier. C’est pas subtil subtil mais ça marche.

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(Sarah Darling ne va pas tarder à s’en prendre une dans la tronche)

Enfin, j’ai quand même trouvé le dénouement super bien pensé (évident pour certains, moi je suis nulle à chaque fois pour deviner qui est le tueur) : le réalisateur lui-même. Et là, c’est Wes Craven lui-même qui entre un peu en scène et qui nous soumet une ambiguité dans laquelle se trouvent souvent les réalisateurs d’horreur.

En gros, une intrigue sympa (merci Wes) qui reste dans la ligne de conduite de la saga Scream, mais un scénario et des personnages un peu trop bâclés qui ne fait pas honneur aux deux premiers (Ehren Kruger si vous cherchez un coupable. Pourtant avec un nom comme ça…).
Heureusement, Scream 4 a vu le retour de Kevin Williamson et c’est une bonne nouvelle !

Jolly S.

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