The Loved Ones

Difficile en ce moment de trouver un film qui vaille le détour ! J’aimerais bien profiter de ce blog pour faire découvrir des oeuvres qui ne sont pas trop connues en France, donc pas de chronique sur Le Dernier Exorcisme ou autre – il y en aura sûrement une pour Evil Dead cela dit !

Donc aujourd’hui j’ai réussi à dégoter quelque chose dont je n’avais encore jamais entendu parler, mais peut-être que vous oui. Il s’agit du film The Loved Ones, réalisé par Sean Byrne et sorti en 2009. Byrne n’a pas sorti beaucoup de films, c’est encore un petit nouveau sur le marché. Mais celui-ci est plutôt pas mal, on le suivra avec attention ! Et puis les films Australiens, ça nous change un peu des blockbusters américains.

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The Loved Ones, c’est un peu le film à mi-chemin entre Prom et Hostel. Ou Le Bal du Diable qui aurait tourné différemment.
C’est l’histoire de Lola Stones, jeune fille visiblement asociale qui souhaite se rendre au bal de fin d’année du lycée avec Brent, un jeune rebelle aux cheveux longs. Mais celui-ci a déjà prévu d’y aller avec sa petite amie, Holly, et décline l’invitation. Mais Lola n’est pas d’accord et va envoyer son père chercher Brent de force. Ils vont passer la soirée ensemble, et à priori Brent n’est pas près de se débarrasser d’elle…

Bien qu’on puisse regretter des personnages pas assez creusés, The Loved Ones réussit à nous faire sentir que cette tragédie pourrait se passer n’importe où. Les personnages sont réalistes : pas de mannequins ou de gendres idéaux en vue. On a affaire à des personnages de la vraie vie, qui ont chacun leurs problèmes et qui les gèrent comme ils le peuvent. Brent et sa mère ont la mort du père sur la conscience. La famille Valentine a perdu un fils (soit dit en passant, l’intrigue de la famille Valentine n’apporte pas grand chose au film et ressemble plutôt à une tentative avortée de partir sur un final différent – mais je m’égare). Lola n’arrive pas à se débarrasser de son complexe d’OEdipe. Au final, il n’y a que Holly qui fait figure de sainte dans ce paysage – et c’est bien pour ça qu’elle s’appelle Holly, « sacré » (holy) en Anglais. C’est le personnage qui détone un peu. Mais en bien.

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(Holly -Victoria Thaine- et Brent -Xavier Samuel)

Justement, le gros du film tourne autour de ce complexe d’OEdipe que Lola a beaucoup de mal à canaliser : elle a littéralement réduit sa mère à l’état de légume et elle entretient une relation très ambigüe avec son père. Avec son aide, elle a développé le goût de voir souffrir les autres. Chaque année, elle trouve un nouveau « prince » sur qui passer sa souffrance à elle.
La scène d’introduction avec famille Stone rappelle un peu celle du repas dans Massacre à la tronçonneuse et elle met elle aussi très mal à l’aise. La mère n’est plus qu’une allégorie et le père, effacé, est instrumentalisé par sa fille. D’ailleurs c’est simple, il n’a même pas de nom. Seulement « papa ».

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(Bienvenue chez les Stones ! Lola -Robin McLeavy- à droite et son père -John Brumpton- au milieu. À gauche, la mère ou « yeux de velours », incarnée par Anne Scott-Pendlebury)

Brent, pris au piège de cette folie familiale, va subir moult tortures de la part de Lola et son papa. En effet, la famille Stone a un petit penchant pour le dessin à la fourchette et l’ébouillantage de cerveau.
Le bon point du film, c’est qu’il n’en fait jamais trop – contrairement à ce que l’on pourrait croire après ce que je viens de dire. À aucun moment Sean Byrne ne tombe dans la pornographie gore et pourtant, les scènes n’en sont pas moins prenantes. Il paraît d’ailleurs qu’il existe une version censurée du film.

Si le supplice de Brent et son combat pour la vie font la majeure partie du film, pour autant, la mise en scène et le jeu entre Lola et son père en font quelque chose de bien plus profond. On est presque plus horrifié par leur comportement que par ce qu’ils font subir à leur hôte, et c’est bien ça qui fait peur !

Enfin, The Loved Ones respecte une des règles fondamentales du film d’horreur : le méchant n’est jamais loin !

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J’aimerais en dire plus malheureusement cela gâcherait une bonne partie du film. Tout ce que je peux dire, c’est que The Loved Ones n’est pas le film le plus surprenant que j’aie vu, cela dit il est d’un réalisme et d’une justesse plutôt agréables en cette période de gore et de fake scares à outrance. On ne s’ennuie jamais et le personnage de Lola peut rivaliser avec beaucoup tueurs cultes à mes yeux.

La bande-annonce en Français, mais comme toujours j’encourage à regarder les films en VO !

Allez, bon visionnage !

Jolly S.

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2 commentaires pour The Loved Ones

  1. Frédéricke dit :

    Le fait qu’elle s’appelle Lola n’est certainement pas un hasard, non plus : la référence à Nabokov et à la relation qui s’y passe, hautement malsaine, entre un homme d’âge mûr et une gamine, peut bien répondre à celle étrange d’un père et de sa fille. Tu me donnes bien envie de le voir !

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