The Zombie Run

La Zombie Run

Un petit repost sur la Zombie run, concept qui existe en Angleterre et maintenant aux US. Le principe ? Une course géante entre zombies et survivants dans les rues de la ville… Vous connaissiez la zombie walk, eh bien voici une idée encore plus fun. À quand en France ?

L’article originel est en Anglais, alors je fais un petit résumé de ce qu’il raconte : chaque année, plusieurs villes (16 aux Etats-Unis en 2013) organisent ce sympathique événement, aka une invasion zombie grandeur nature.

N’importe qui peut s’inscrire à la Zombie Run de la ville la plus proche et ainsi rejoindre l’équipe des survivants. Tous les survivants ont un ballon accroché dans le dos et doivent fuir les zombies qu’ils croiseront (avec force maquillage, fumigènes, hélicoptères et autres détails sympa) pour sauver leur peau – leur ballon en fait.

À la fin de la journée, zombies et survivants se retrouvent pour une soirée endiablée.
Ce concept se développe de plus en plus, et l’article nous donne plusieurs lieux en Europe où une Zombie Run est organisée ! En attendant que ça arrive en France, direction les Zombies Walk !

Jolly S.

Looking to God

If you have a soft stomach, I suggest you leave—now. If not, I have news that may be beneficial to your health. For a while, I’ve followed an event so scary, so shocking, and so exciting; I couldn’t let it go much longer without including it in my Monday Mayhem series.

Some of you already know what I’m talking about based on the title for this post. Some of you have participated in the event and loved it. Some—have screamed in horror. What is it?

I’m talking about the annual Zombie Run. This year it kicked off for the first time in Philadelphia, PA. It will tour sixteen cities and promises to scare the crap out of anyone within the city limits. Okay, so maybe I’m using lots of hyperbole, but y’all get what I’m saying, right?

How does it work?

Actors dressed as zombies chase participants…

Voir l’article original 448 mots de plus

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The Loved Ones

Difficile en ce moment de trouver un film qui vaille le détour ! J’aimerais bien profiter de ce blog pour faire découvrir des oeuvres qui ne sont pas trop connues en France, donc pas de chronique sur Le Dernier Exorcisme ou autre – il y en aura sûrement une pour Evil Dead cela dit !

Donc aujourd’hui j’ai réussi à dégoter quelque chose dont je n’avais encore jamais entendu parler, mais peut-être que vous oui. Il s’agit du film The Loved Ones, réalisé par Sean Byrne et sorti en 2009. Byrne n’a pas sorti beaucoup de films, c’est encore un petit nouveau sur le marché. Mais celui-ci est plutôt pas mal, on le suivra avec attention ! Et puis les films Australiens, ça nous change un peu des blockbusters américains.

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The Loved Ones, c’est un peu le film à mi-chemin entre Prom et Hostel. Ou Le Bal du Diable qui aurait tourné différemment.
C’est l’histoire de Lola Stones, jeune fille visiblement asociale qui souhaite se rendre au bal de fin d’année du lycée avec Brent, un jeune rebelle aux cheveux longs. Mais celui-ci a déjà prévu d’y aller avec sa petite amie, Holly, et décline l’invitation. Mais Lola n’est pas d’accord et va envoyer son père chercher Brent de force. Ils vont passer la soirée ensemble, et à priori Brent n’est pas près de se débarrasser d’elle…

Bien qu’on puisse regretter des personnages pas assez creusés, The Loved Ones réussit à nous faire sentir que cette tragédie pourrait se passer n’importe où. Les personnages sont réalistes : pas de mannequins ou de gendres idéaux en vue. On a affaire à des personnages de la vraie vie, qui ont chacun leurs problèmes et qui les gèrent comme ils le peuvent. Brent et sa mère ont la mort du père sur la conscience. La famille Valentine a perdu un fils (soit dit en passant, l’intrigue de la famille Valentine n’apporte pas grand chose au film et ressemble plutôt à une tentative avortée de partir sur un final différent – mais je m’égare). Lola n’arrive pas à se débarrasser de son complexe d’OEdipe. Au final, il n’y a que Holly qui fait figure de sainte dans ce paysage – et c’est bien pour ça qu’elle s’appelle Holly, « sacré » (holy) en Anglais. C’est le personnage qui détone un peu. Mais en bien.

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(Holly -Victoria Thaine- et Brent -Xavier Samuel)

Justement, le gros du film tourne autour de ce complexe d’OEdipe que Lola a beaucoup de mal à canaliser : elle a littéralement réduit sa mère à l’état de légume et elle entretient une relation très ambigüe avec son père. Avec son aide, elle a développé le goût de voir souffrir les autres. Chaque année, elle trouve un nouveau « prince » sur qui passer sa souffrance à elle.
La scène d’introduction avec famille Stone rappelle un peu celle du repas dans Massacre à la tronçonneuse et elle met elle aussi très mal à l’aise. La mère n’est plus qu’une allégorie et le père, effacé, est instrumentalisé par sa fille. D’ailleurs c’est simple, il n’a même pas de nom. Seulement « papa ».

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(Bienvenue chez les Stones ! Lola -Robin McLeavy- à droite et son père -John Brumpton- au milieu. À gauche, la mère ou « yeux de velours », incarnée par Anne Scott-Pendlebury)

Brent, pris au piège de cette folie familiale, va subir moult tortures de la part de Lola et son papa. En effet, la famille Stone a un petit penchant pour le dessin à la fourchette et l’ébouillantage de cerveau.
Le bon point du film, c’est qu’il n’en fait jamais trop – contrairement à ce que l’on pourrait croire après ce que je viens de dire. À aucun moment Sean Byrne ne tombe dans la pornographie gore et pourtant, les scènes n’en sont pas moins prenantes. Il paraît d’ailleurs qu’il existe une version censurée du film.

Si le supplice de Brent et son combat pour la vie font la majeure partie du film, pour autant, la mise en scène et le jeu entre Lola et son père en font quelque chose de bien plus profond. On est presque plus horrifié par leur comportement que par ce qu’ils font subir à leur hôte, et c’est bien ça qui fait peur !

Enfin, The Loved Ones respecte une des règles fondamentales du film d’horreur : le méchant n’est jamais loin !

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J’aimerais en dire plus malheureusement cela gâcherait une bonne partie du film. Tout ce que je peux dire, c’est que The Loved Ones n’est pas le film le plus surprenant que j’aie vu, cela dit il est d’un réalisme et d’une justesse plutôt agréables en cette période de gore et de fake scares à outrance. On ne s’ennuie jamais et le personnage de Lola peut rivaliser avec beaucoup tueurs cultes à mes yeux.

La bande-annonce en Français, mais comme toujours j’encourage à regarder les films en VO !

Allez, bon visionnage !

Jolly S.

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Man vs Dead, la web série sur les zombies

Comment survivre en territoire zombie ? C’est ce que souhaite vous apprendre John Grizzly, présentateur vedette de Man vs Dead, et accessoirement héros d’une web série toute nouvelle toute chaude.

Man vs Wild, vous connaissez ? Dans cette émission, Bear Grylls vous apprend à vous débrouiller en milieu hostile en recyclant son urine et en dormant dans un cadavre de chameau (enfin c’est ce qu’on m’a dit, moi je n’ai jamais regardé). Man vs Dead, c’est la parodie version zombie qui se déroule dans le sud de la France. John Grizzly et son caméraman se font débarquer dans une forêt et nous entraînent dans un périple à travers un monde chaotique infesté par les zombies, dans une ambiance qui rappelle celle de The Walking Dead.

Man vs Dead Clément le Berre
( J’ai piqué ce visuel sur leur page FB, dessin de Clément le Berre)

On vous y apprend à poutrer du zombie avec un bout de bois ou un chibre en érection, mais surtout on vous apprend à ne pas vous prendre au sérieux.
Avec toute cette mode des zombies en ce moment (oui je me répète) en plus de celle des podcast à la Norman, on n’est pas à l’abri d’émissions de mauvaise qualité et franchement dérangeantes. Ça tombe bien, ça n’est pas le cas de Man vs Dead ! Les nombreuses références aux films du genre sont totalement assumées et détournées, on est là pour rigoler au final. Et leur John Grizzly arrive à trouver le ton juste pour nous faire croire (un peu) à son histoire – en plus il a l’accent du sud, ça change !

Alors évidemment c’est une web série à très petit budget, on ne s’attend pas à des effets spéciaux bluffants – et il n’y en a pas – mais les créateurs ont beaucoup d’imagination et ne s’interdisent rien sous prétexte que personne n’y croira. OUI on voit les perruques, les saucisses Carrefour en guise de boyaux mais honnêtement si ça nous donne l’occasion de voir un mec petit-déjeuner du cerveau moi je dis oui ! Et puis les maquillages sont plutôt pas mal, et pour être franche les râles de leurs zombies me font froid dans le dos



Évidemment en voyant ça je pense à Bad Taste, qui a été réalisé dans le même état d’esprit et qui est resté dans les annales ! Man vs Dead est réalisée avec bonne humeur et par des passionnés. On découvre au fur et à mesure que dans ce monde en plein déclin les ennemis les plus dangereux ne sont pas forcément les zombies… Et ces derniers deviennent parfois des armes de guerre à part entière. Une « patte » qui permet à Man vs Dead de se démarquer des choses trop vues et revues.

Donc si vous voulez apprendre à survivre en territoire zombie en rigolant un bon coup, direction youtube sur la chaîne de Man vs Dead (9 épisodes à ce jour) – et ne me parlez pas du Guide de survie en territoire zombie, ce livre est une aberration.

On leur souhaite de continuer dans cette voie !

Jolly S.

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Le boom des « séries d’horreur »

Avec la sortie d’In the Flesh en 2013, ça fait déjà deux séries télé sur le thème des zombies… Quand on compare à ce à quoi on nous a habitués dans les années 90 et 2000, cela fait déjà beaucoup ! Rajoutons à ça le succès d’American Horror Story et nous avons une toute nouvelle tendance… à suivre ?

Sept à la maison, Malcolm, Gossip Girls, tout ça c’est fini en 2010 ! Place aux séries d’horreur.

Plus la peine de présenter The Walking Dead, adaptation en série du Comics (Robert Kirkman, Tony Moore, Charlie Adlard) du même nom, dont le succès est indéniable autant aux États-Unis qu’en Europe. Le tout premier épisode est sorti en octobre 2010 et trois ans plus tard on en parle encore (petit aparté qui me tient à coeur : LISEZ LES COMICS, la série a été édulcorée mille fois pour pouvoir être adaptée à la télévision. Cela dit il s’agit d’une très bonne série). La série profite de la « mode » des zombies qui sévit en ce moment un peu partout sur le globe terrestre, mais on a de la chance, Frank Darabont ne s’est pas moqué de nous et les fans du genre n’ont pas été déçus (sauf si ils ont lu les comics – bon j’arrête).

The Walking Dead
(Oh, allez on en a vu assez des images sérieuses)

En octobre 2011, Ryan Murphy et Brad Falchuck portent à la télévision leur propre vision de l’horreur avec American Horror Story : Murder House. Il s’agit tout bonnement de ma série préférée, et comme j’ai déjà écrit dessus je ne vais pas m’y attarder. En tout cas il s’agit d’une nouveauté, jamais série ne s’était attaquée à l’horreur et au fantastique de façon aussi propre et fidèle au genre. Pour nous faire peur avant on avait les démons dans Charmed, aujourd’hui on a Evan Peters, fantôme pervers et anciennement adolescent psychopathe. Ou encore Bloodyface le dépeceur de ses dames dans la saison 2. Bref : fini de rigoler.

AmericanHorrorStory
(Saison 1 : Murder House)

Mars 2013, on voit arriver In the Flesh, une série sur le thème des zombies elle aussi, mais tournée autrement : les hommes ont enfin réussi à trouver un traitement pour que les morts-vivants retrouvent leurs souvenirs et capacités de vivants. Je n’en ai vu qu’un seul épisode à ce jour, mais la série m’a l’air plutôt réussie. On se situe dans un monde post-chaotique, revenu dans l’ordre mais pas tout à fait en paix avec lui-même. La peur des morts-vivants est toujours présente et il s’annonce difficile pour eux de trouver leur place (ahem…). In the Flesh nous est offert par Dominic Mitchell, à suivre donc.

In-the-Flesh
(Keiren Walker -Luke Newberry- le mort-vivant héros d’In the Flesh)

Last but not least, le lendemain de la première d’In the Flesh sortait Bates Motel, une série qui nous propose de découvrir l’adolescence hypothétique de Norman Bates (le méchant de Psychose) telle qu’elle se déroulerait de nos jours (avec smartphones etc). Le premier épisode est très prometteur, je pense que cette série vaut vraiment le coup, les personnages sont bien cadrés et l’intrigue de ce seul épisode nous donne envie de regarder la suite de la série (sentiment qui manque à la fin du visionnage d’In the Flesh d’après moi). Bonne réalisation, bon acteurs (le petit Charlie dans Charlie et la Chocolaterie et Vera Farmiga – oui il y a comme un air de famille entre ces séries*), bon scénario, bonne tension… Une vraie découverte.

bates motel
(Norman Bates -Freddie Highmore)
*Taissa Farmiga, « Violet » dans American Horror Story saison 1 et Vera Farmiga, « mère de Norman Bates » sont soeurs)

Je ne trouve rien à redire à ces séries horrifiques, et cela m’étonne. En effet, ces derniers temps les sorties de films d’horreur au cinéma m’ont plutôt déçue (grâce aux sagas des REC et Paranormal Activity entre autres). L’ère serait-elle plus aux séries qu’aux films ? Il est vrai que la « folie des séries » est un phénomène très 2010, le nombre incalculable de séries, mini-séries, web-séries qui sortent est assez fou… Et visiblement les réalisateurs savent ce qu’ils font, pas de quoi être déçu !

Cette tendance change vraiment des séries auxquelles on nous avait habitués ces dernières décennies, entre Sex and the City, Skins, Madame est servie, Une nounou d’enfer, Friends… Je mélange tout mais pour moi ces séries ne menaient nulle part, elles servaient un éternel recommencement qui ne nécessitait aucune assiduité de la part du spectateur. Et puis la peur n’avait pas sa place dans la grande famille des séries, il s’agissait plus de rire, de rêver, de se retrouver, que de s’effrayer.

Je n’oublie pas qu’à une époque (les années 60-70 aux États-Unis, 80 en France) on aimait retrouver La Famille Addams et leurs bizarreries en manoir gothique, et leurs ancêtres les Munsters (diffusée seulement aux États-Unis), qu’enfants on aimait regarder Les Contes de la Crypte et Fais-moi Peur… Mais encore une fois aucune d’elle n’impliquait le spectateur comme le font les séries d’horreur des années 2010, et elles étaient destinées à la famille sinon aux enfants, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui.

the_munsters_
(The Munsters, un peu la mère de Madame est servie, les Pierrafeu et La Famille Addams)

Alors moi qui ne suis pas du tout fan de séries à la base (j’ai du mal à suivre plus de trois saisons), je ne peux qu’encourager ce nouveau phénomène tant qu’il nous ramène autant de bonnes séries que ces quatre-là. Par contre, pas question que cela devienne une planque à revenus et une excuse pour scénarios médiocres.

L’art de la série est pris très au sérieux de nos jours, et il en est de même pour les genres et sous-genres qu’il invoque !
Verdict : à suivre !

Jolly S.

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Zombies Anonymous

Je vous en avais parlé, aujourd’hui petite chronique sur le film Zombies Anonymous qui est pour moi LE film de zombies qui prend le contrepied de la culture « classique » du sous-genre.

Zombies Anonymous est sorti en 2006 sous le nom original de Last Rites of the Dead lors du Festival NYC du film d’horreur puis il est sorti… directement en vidéo. Et là j’ai envie de demander : POURQUOI ? Ce film est juste une pure merveille.

Zombies anonymous - affiche 1

Réalisé par Marc Fratto, Zombies Anonymous se passe aux États-Unis, dans une société où plus personne ne peut mourir. Plus exactement, lorsque quelqu’un meurt (accident, mort naturelle, peut importe) il continue de « vivre » normalement, il peut parler, faire ses courses, prendre le bus, etc. La seule différence avec un vivant, un vrai, c’est que son corps se décompose petit à petit. La cause de cette zombification n’est pas connue dans le film, même si l’hypothèse d’une expérimentation gouvernementale qui aurait mal tourné est émise.
Cette situation permet donc à Marc Fratto d’avoir un zombie comme personnage principal et ça change ! En plus c’est UNE zombie !

Synopsis

Angela vient d’annoncer à son petit ami Josh qu’elle compte mettre fin à leur relation. Celui-ci le prend plutôt mal et lui tire une balle dans la tête. Pas de bol, cela fait 5 jours que plus personne ne peut mourir et Angela devient zombie malgré elle.
Elle continue de vivre sa vie – si on peut dire ça – mais elle se rendra vite compte qu’être un mort-vivant n’est pas facile tous les jours. Au bout de quelques mois, les mort-vivants sont de plus en plus nombreux et leur place dans la société humaine devient confuse : ont-ils les mêmes droits que les vivants ?

josh - angela
(La première scène du film, très bien jouée, nous fait comprendre qu’on n’est pas dans un banal film de zombie)

On observe beaucoup de réactions « racistes » de la part des vivants, certains magasins n’acceptent plus les morts, ils se font renvoyer de leurs entreprises, persécuter dans la rue… On retrouve une ambiance ségrégationniste qui rappelle celle de l’Amérique envers les noirs, et, plus proche de nous, la situation des Juifs pendant la guerre.

Josh fait partie de ceux qui luttent contre les morts-vivants, avec ses amis il s’amuse à tabasser les zombies qu’il croise (d’ailleurs l’une des premières scènes du film, où ils s’acharnent sur un zombie dans un tunnel, n’est pas sans rappeler la scène du sans-abri dans Orange Mécanique de Kubrick – attention scène violente en lien) et se retrouve un peu comme un con lorsqu’il se rend compte qu’il a fait de sa petite amie l’une des leurs… Ou bien est-ce l’inverse ? Peut-être qu’il s’amuse à les tuer pour se venger d’elle ?

En tout cas, Angela et Josh seront à nouveau amenés à se confronter tout au long du film.

Un film sur fond de ségrégation anti-zombies

Aux puristes qui me diront que c’est une aberration de voir les zombies agir normalement et que Romero doit se retourner dans sa tombe (il aimerait bien), je vous arrête tout de suite : si les zombies de Romero peuvent marcher, pourquoi ne pourraient-ils pas penser ? Le cerveau est encore en marche après tout ! Et puis zut, on reste dans le domaine du fantastique.

En tout cas Zombies Anonymous ne tombe jamais dans la mauvaise parodie de film de zombies avec ce sujet. Bien au contraire, il est très réaliste et soulève un vrai problème : la société est face à une situation qu’elle a déjà connue avant, c’est-à-dire des « étrangers », qui viennent évoluer parmi les gens « normaux ». En regardant le film il est facile de se dire que ceux qui criagnent des zombies sont stupides, qu’ils ne font que reproduire le racisme que l’humanité a connue envers les noirs, les arabes, les juifs… Mais imaginez-vous une société où personne ne meurt : chômage, sécurité sociale, retraite à vie… Cela bouleverserait totalement nos habitudes.
(Petit aparté : c’est peut-être une métaphore voulue par Fratto, celle d’une société tellement médicalisée qu’il en devient de plus en plus difficile de mourir… Je vous laisse méditer.)

zombies anonymes - thérapie
(Petite scéance de thérapie entre zombies)

La vie de zombie n’est vraiment pas facile : aucun d’eux n’a choisi de mourir (ou très peu, il y a des cas de suicides malheureux) et ils se retrouvent d’un coup face à des murs, ils ont peur de sortir de chez eux, ils n’ont plus de sources de revenu… La nourriture « normale » les fait vomir, ils ne peuvent désormais manger plus que de la viande crue et souffrent d’affreux maux de tête. Angela, pour sortir de sa solitude, va même jusqu’à intégrer un groupe d’écoute zombie dédié à ceux qui sont « rejetés par la mort ». La société s’adapte et évolue, il existe désormais des produits « spécial zombies » dans le commerce. C’est ce que j’aime dans ce film, on est dans le fantastique mais la société décrite est très réaliste. On ne se retrouve pas face à une apocalypse mais face à un problème social et politique.

Parallèlement à cela, Josh et ses amis vont rejoindre une armée improvisée de chasseurs de zombies et se mettre à la poursuite d’Angela.

Les figures féminines

Dans Zombies Anonymous les figures féminines sont très importantes : Angela, l’héroïne du film, est recueillie par une sorte de secte zombie guidée par Bonne-mère Solstice, qui se shoote à la viande humaine. Pendant ce temps l’armée de Josh est menée d’une main de fer par « une » commandant qui a pour obsession de défendre la vie à tout prix.

Ainsi dans cette nouvelle société les femmes sont au pouvoir. Bonne-mère Solstice et le commandant ont chacune en tête d’éliminer l’espère ennemie. À noter qu’il est sûrement plus difficile de combattre la mort…

angela
(Angela – Gina Ramsden – et les « jumelles »)

Angela
Angela est frappée par la mort de façon violente. La première scène du film, où on la voit recroquevillée dans sa salle de bain en tentant de fuir son ex, est très prenante et la façon dont elle meurt va déterminer la façon dont elle vivra sa mort. Angela sera témoin et victime de la ségrégation anti-zombie et se retrouvera encore une fois malgré elle au centre de la guerre entre vivants et morts-vivants. On la sent complètement perdue mais elle ne cessera jamais de se battre contre ceux qui veulent décider pour elle. L’actrice qui l’incarne, Gina Ramdsen, a reçu le prix de la meilleur actrice au Festival NYC du film d’horreur.

Le commandant
Le commandant est une femme de guerre et de pouvoir, à la tête d’une armée improvisée qui a pour but d’éliminer les morts-vivants. Elle dirige un groupe d’hommes et les entraîne à torturer les zombies qui l’ont selon elle bien mérité. Le commandant se complaît dans l’ultra-violence et contribue au côté cru du film.

commandant
(Le commandant – Christa McNamee)

Bonne-mère Solstice
À la tête de l’armée du côté zombie, Bonne-mère Solstice est une espèce d’allumée à l’allure d’ange qui a accepté sa nature de zombie et compris qu’elle avait besoin de manger de la viande humaine. Elle incite ses disciples à sacrifier des vivants afin de se nourrir de leur chair. Son groupe à elle est composé principalement de femmes et elle tente de convertir Angela. Bonne-mère Solstice suit son instinct, comme tout bon zombie.

solstice
(Bonn-mère Solstice – Mary Jo Verruto)

Conclusion

Zombies Anonymous prend à revers les « automatismes » auxquels nous avaient habitués les films de zombies : la mise en scène de créatures stupides et sans aucune humanité.
Cependant le film garde à l’esprit les règles principales qui font que les zombies en sont : ils ne peuvent être tués que si leur cerveau est entièrement détruit (ici il ne suffit pas de séparer la tête du reste du corps), ils ont besoin de chair humaine, et ils sont supposés être morts.

Marc Fratto ne prend aucune pincette quand il décrit la société dans son film, on rencontre beaucoup de scènes difficiles à soutenir, beaucoup de violence et d’injustice. Je faisais un parallèle avec Orange Mécanique plus haut et ce n’est pas pour rien. Ce film dénonce une société qui est la nôtre, pas à la manière d’un Romero, déjà parce que ça a déjà été fait, ensuite parce qu’il ne s’agit pas des mêmes aspects de la société. La violence latente qui existe aux États-Unis est d’un coup lâchée et ne connaît plus de limite dans un monde où la mort n’existe plus.

zombies anonymous - tete

Les héros dans ce film ne sont pas ceux qu’on a l’habitude de voir (un homme vivant essayant de survivre), il met en avant les femmes, bonnes ou mauvaises, vivantes ou mortes.

D’ailleurs ces femmes seront à l’honneur lors de la scène finale, une bataille de zombie comme on n’en a jamais vue. Out les zombies qui attaquent en horde sans réfléchir, ici les morts-vivants s’allient entre eux pour faire valoir leurs droits.

Au final ce film est une tuerie et c’est vraiment vraiment dommage qu’il ne soit pas plus connu. Donc n’attendez pas et regardez-le au plus vite !


La bande annonce :



Je vous parle de ce film à l’occasion de la sortie prochaine de Warm Bodies, car j’espère y retrouver un aspect du zombie qu’on a encore jamais vu, un peu plus humain et qui pourrait se rappeler de ses émotions d’avant, quand il était vivant. Ce serait une sorte de Zombies / L’armé des morts avec un peu plus d’espoir du côté des monstres… Mais j’ai peu de tomber sur un Twilight zombie quand même. Et là j’aurais vraiment très honte de parler de Warm Bodies et de Zombies Anonymous dans le même article !

Jolly S.

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English translation soon

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